La soirée bat son plein. Réunis autour de cette table, où l’alcool régnait en maître, nous avons l’air heureux.

J’entends les rires, les cris, le son des verres qui se remplissent pendant que nos tetes se vident. Et je vois disparaître toutes ces images qui défilent d’habitude sans cesse dans ma tete. Ces mêmes images qui viennent hanter certaines de mes nuits et nourrissent quelques insomnies.

Heureusement que ce bon vieux Whisky nous tenait compagnie ce soir !

Malgré tout, mon esprit continuait tout de même à me faire voyager, de souvenir en souvenir, surfant sur les vagues de ce passé mort qui ne reviendra jamais. Alors je bois.

Je ne sais plus qui de moi ou de la réalité étions déconnectés de l’autre ? Au fond, même bien entourés, nous sommes seuls. Seuls dans nos pensées et dans notre réalité. Seuls face aux plaisirs sans jouissance de cette vie ici-bas. Seuls devant la vanité de l’existence. Alors on boit.

Mon verre se vide. Me voilà de retour dans la réalité, je réentends les rires, je me ressert un verre tout en pensant déja au prochain. J’allume ma clope tout en me demandant comment un symbole aussi fort de la mort pouvait faire jaillir en moi autant de vie ?

Et j’ai enfin compris pourquoi on était tous réunis ce soir. Chacun de nous, autour de cette table portait avec lui sa propre histoire, ses échecs, ses réussites, ses déceptions… En somme, chacun avait ramené sa valise comportant tout son bagage émotionnel. Nous étions là pour fuir une réalité qui nous dépasse.

« La vie est belle » dit-il !

Heureusement qu’on lui a acheté du maquillage ce soir.

Ou peut-être que la vie n’a pas à être belle, elle est telle qu’elle est. Imparfaite, comme nous le sommes.

Viscéralement attachés à cette imperfection, nous cherchons malgré tout à la fuir par moment.

Alors on boit. Et tout devient plus beau d’un coup. Les visages s’illuminent, les rires s’intensifient et la joie de notre insouciante jeunesse se fait ressentir dans l’air. Le moment présent avait repris le dessus. Mais pour combien de temps ?

Le futur décide de m’interpeller à son tour. Je me ressers donc un verre en pensant à l’avenir qui m’attend au tournant, au chemin que j’essaie de me tracer et aux ambitions que je tue momentanément au rythme des verres qui s’enchaînent . L’avenir me regarde sans cligner des yeux, je ne baisse pas le regard, il ne me fait pas peur. Mais ce soir, je n’ai pas envie d’y penser. Alors je bois.

Et puis je repense à elle, je repense à nous. Au « nous » qui n’était qu’une illusion, au tour de magie dont tu avais le secret et à l’hypocrisie du sort qui causa notre rencontre. Et ce décor qui paraissait tant réel au point de me berner, moi ! Mais je ne cesse d’y repenser et je crois que le whysky essaie de me dire quelque chose. D’après lui, toi et moi, ça aurait pu être vrai. Je pense que mon verre aurait lui-même besoin d’un verre. La nostalgie m’emprisonne d’un coup. Je pense à toi, à tes yeux qui ont transpercé mon cœur, à tes lèvres pulpeuses et à ton sourire qui me suffisait à tout oublier.A ton corps avec lequel j’avais tellement échangé… Aujourd’hui, tout cela ne vit que dans les profondeurs de mon esprit.

Alors je bois pour t’enterrer encore plus en profondeur. Alors je bois pour te recroiser en enfer…

Catégories : Mes aventures.

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